Un peu d’histoire

La Barjo, 10 éditions déjà.

En 2010 est née dans les têtes de Franck RENOUX et Alain LECLERC, 2 doux dingues, l’idée de proposer aux coureurs normands (et aussi un peu aux bretons) une épreuve de trail. Et pour une première, ils choisissent un format hors normes pour la région et à l’époque.

  • 1 trail de 63 km avec un départ de Barneville-Carteret
  • 1 trail de 24 km avec un départ de Siouville-Hague
  • 1 trail de 10 km avec un départ de la plage de Vauville

Toutes les arrivées seront jugées au Nez de Voidries sur la commune de Jobourg.

Il fallait bien un nom à cette épreuve. Il trouve donc « LA BARJO ». Officiellement, ce sont les premières syllabes des communes de départ et d’arrivée de la 63km. BARneville et JObourg. Les connaissant maintenant je ne suis pas certain de la thèse officielle concernant le nom de l’épreuve, mais plutôt un nom issu d’un qualificatif qui leur colle merveilleusement bien à la peau. Pour la petite histoire en 2011, Alain avait organisé une reconnaissance de la 37km, lui était en VTT car il devait rentrer de bonne heure chez lui. A ce jour c’est encore la seule personne que j’ai vu monter les fougères avec un VTT sur le dos.

Dès cette édition, ce fut un succès.

  • 155 arrivants sur la 63km
  • 216 sur la 24km
  • 139 sur la 12 km

L’édition 2018, c’est 2201 traileuses et traileurs qui ont pris part aux différentes épreuves, c’est 3500 spectateurs, c’est 200 bénévoles dont 45 pompiers de l’union départementale des sapeurs pompiers de la Manche présents depuis la première édition.

L’évolution dans les formats

Lors de cette première, et vu le succès il s’avère qu’il est impossible de juger les arrivées au Nez de Voidries, Plus de 500 coureurs, les accompagnateurs, les spectateurs, bref plus de 1000 véhicules sur les routes étroites de la Hague, ce n’est pas raisonnable. Qu’à cela ne tienne, un nouveau lieu d’arrivée est trouvé. Ce sera Beaumont-Hague, dont la vie du bourg sera à présent et nous l’espérons pour longtemps, perturbée pendant 3 jours à la période de la fête de pères

ÉditionsAnnéesCourses proposées
1201063km - 24km - 10km
2201187km - 37km - 12km
3201287km - 37km - 24km - 12km - RdA
4201387km - 37km - 24km - 12km - RdA
5201487km - 42km - 24km - 15km - 15km nocturne - Défi - défi des grands Barjos - RdA
62015100km - 50km - 24km - 15 km - 15km nocturne - Défi - défi des grands Barjos
72016100km - 50km - 24km - 15 km - 15km nocturne - Défi - défi des grands Barjos
82017100km - 50km - 24km - 15 km - 15km nocturne - Défi - défi des grands Barjos - RdA
92018100km - 50km - 24km - 15 km - 15km nocturne - Défi - défi des grands Barjos - RdA

Nos deux bonshommes doivent s’ennuyer un peu. Il y a encore un truc qui leur colle à la peau, THE COURSE. Ainsi en 2012 nait le Raid de l’Archange, pour le parcours c’est simple, tu pars du Mont Saint Michel tu cours en suivant le GR223 jusqu’à le lieu du départ de la barjo. De là tu suis le balisage de la Barjo. Aucun risque de se perdre la mer est toujours à main gauche. Ce raid est reconduit jusqu’en 2014. Franck et Alain, prennent conscience que là, ça fait beaucoup pour eux. Le dossier est juste mis en attente de renfort qu’ils trouveront pour l’édition 2017.

L’ajout d’une épreuve hors gabarit « Le Raid de l’Archange »

Un des sponsors de la BARJO, est représentée sur la course par un grand nombre de coureurs. Franck et Alain contactent le représentant de cette entreprise pour savoir s’il pourrait reprendre le suivi du Raid avec quelques collègues coureurs. Et hop, le Raid de l’Archange revit sur un format différent. On passe de 270km non stop à une épreuve de 300km en 4 étapes.

Les grands noms des week-end « LA BARJO »

  • Claudine DESCHATEAUX, Participation à l’ensemble des éditions de la BARJO (BARJO et Raid de L’archange), le plus grand nombre de kilomètres parcourus, par une féminine en course lors des épreuves de la BARJO, une vrai BARJO.
  • Emilie SIARD, Madame « Port Racine » seule féminine vainqueur scratch d’une des épreuves.
  • Nathalie KIRCHNER, la meilleure performance féminine sur la 100km (temps et classement scratch 8ème)
  • Laurent BROCHARD Ancien coureur cycliste champion du monde sur route en 1997, vainqueur d’étape sur le tour de France et qui à participé à la BARJO 87km en 2012
  • Stéphane RUEL Multiple vainqueur du Raid de l’Archanges et recordman du monde (M50) des 24h et 100km, vice champion d’Europe en 2018 des 24h, et la liste est encore longue.
  • Bertrand COLLOMB-PATTON, Multiple vainqueur de la BARJO (87 et 100km) et 8ème à l’UTMB en 2012
  • Christophe LOZAC’H Vainqueur sur de multiple format, 100km, 42km, 15km nocturne et défi.
  • Philippe BLANCHARD, finisheur de l’ensemble des éditions du Raid de l’Archange et à quelques éditions de la 100km. Le plus grand nombre de kilomètres parcourus en course lors des épreuves de la BARJO (1510km), un vrai fondu de la course à pied. Vainqueur du RdA en 2017. Participant aux plus longues épreuves existantes tel que le « TOR DES GÉANT » 330 km 24000m D+ dans le Val d’Aost.
  • Sébastien CHAUSSE, 1er vainqueur du défi des grands Barjo en reléguant le deuxième à près de 3h, vainqueur de la 1/2 BARJO.

Quand les parcours de LA BARJO, riment avec culture, histoire, géologie, industrie et environnement.

Tout au long des parcours des différentes courses de LA BARJO, de nombreux lieux peuvent être associés à de grands noms de la peinture, la littérature, du cinéma.

Parmi les personnages incontournables des paysages de la HAGUE :

  • Jean-François Millet Peintre 4 octobre 1814 Gréville Hague (Hameau Gruchy) 20 janvier 1875 Barbizon. Les paysages de la HAGUE furent ses premiers « modéles », parmis lesquels « Le castel Vendon » qui est observables depuis le sentier des douaniers à la hauteur de GREVILLE-HAGUE, sur le parcours de la DEMI-BARJO.
  • Jacques Prévert Ecrivain, poète, cinéaste 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine, et mort le 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite. Le parcours de la DEMI-BARJO passe proximité de sa dernière demeure, dont le jardin et la maison peuvent être visités. Ils sont proches de la première difficulté de la PORT RACINE.
  • Boris Vian, écrivain, poète, parolier, musicien et chanteur ,né à Ville d’Avray (Hauts-de-Seine) le 10 mars 1920, décédé à Paris le 23 juin 1959.
  • Il passe toutes les vacances d’été de sa jeunesse dans le village de Landemer, à Urville-Nacqueville. Le passage à proximité de ce village se situe à la sortie de la plage après le départ de La DEMI-BARJO. Boris Vian décrit cette maison dans son roman L’Arrache-cœur.
  • Boris Vian séjourne dans la Hague à la fin de sa vie, au moins à deux reprises.
  • Didier Decoin, écrivain, scénariste et journaliste, né à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) le 13 mars 1945, vit dans la Manche. Il découvre la Hague alors qu’il n’est âgé que d’une dizaine d’années, lors de vacances dans la famille d’un ami d’enfance à Auderville. En 1977, il revient à Auderville à la faveur d’une interview d’Yves Montand qui y tourne Les Routes du sud, film de Joseph Losey. Il posséderait une maison au village des Roches, à AUDERVILLE. Ce village se situe sur la partie commune des parcours de LA BARJO, La DEMI-BARJO et La PORT RACINE.

Les paysages de notre terrain de jeux ont servi de décors dans de nombreux films cinématographiques et de télévisions parmi lesquels entre autre :

  • La Course à l’échalote (1975), de Claude Zidi, avec Pierre Richard, Jane Birkin : la Hague (Éculleville, baie de Quervière)
  • Tess (1978), de Roman Polanski : La Hague Omonville-la-Rogue, et le TOURP lieu de départ d’ex 42km
  • Les Routes du sud (1978), de Joseph Losey, avec Yves Montand : La Hague (Omonville-la-Petite, Vauville, Jobourg…), Le Rozel
  • La Petite voleuse (1988), de Claude Miller, avec Charlotte Gainsbourg : Biville, baie d’Écalgrain [3]
  • Le Mari de la coiffeuse (1990), de Patrice Leconte, avec Jean Rochefort : Barneville-Carteret
  • La Boite noire (2005), de Richard Berry :Cap de la Hague
  • L’Autre Dumas (2009), de Safy Nebbou, avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde : Auderville, Saint-Germain-des-Vaux, Vauville [5], Biville.

Les sites industriels du passé et actuels sur le parcours de LA BARJO.

En arrivant à FLAMANVILLE, le traileur passe à proximité du CNPE de Flamanville, centre de production d’électricité. Ici 4% de la production nationale d’électricité est produite chaque année. La première tranche fonctionne depuis 1985. La troisième tranche du type EPR sera mise en service prochainement.

Un peu plus loin, des vestiges de l’ancienne mine de fer de Flamanville existe encore. Lors des premières années d’exploitation, les entrées de la mine ne furent accessibles uniquement à marée basse. Les mineurs entraient dans les puits qui étaient refermés par une tôle boulonnée. Ils ressortaient lors de la marée basse suivante. Malgré une grande pureté du minerai de fer extrait, les conditions d’exploitation extrêmement difficile, ne permettaient pas une rentabilité financière acceptable. La mine fut fermée en 21 juillet 1962.

En arrivant au cœur de la Hague, il faudra longer sur quelques centaines de mètre le site d’ORANO de retraitement de déchets radioactifs

Les liens vers le monde marin

Un peu avant OMONVILLE LA ROGUE, a été édifié un grand mur blanc. Ce mur bâti en 1887, servait d’amer aux marins

Le phare de Goury, est construit à partir de 1834 en 3 ans, en granit de Flamanville. Il a

une élévation de 52m et une portée de 19milles. Son automatisation date de 1989.

Au large de Goury, le RAZ BLANCHARD est un courant marin très rapide qui atteint jusqu’à 10 nœuds en vives eaux. C’est le troisième courant de renverse au monde. La navigation y est très dangereuse.

La station SNSM de Goury. Le lieu de ravitaillement GOURY. Elle a été créée en 1870 sur le petit port de pêche de Goury. Sa première opération aura lieu le 6 février 1871 pour venir au secours du transporteur de troupes « La sèvre ». Le bâtiment servant d’abri est l’actuel office du tourisme. Le bâtiment actuel a été construit en 1928. Le navire en service est un canot tout temps baptisé à Goury, le 30 juin 1989 par Madame Le Pensec, épouse du ministre de la Mer. Huitième canot de la série des CTT actuel. Il affiche une longueur de 17.60m pour une largeur de 4.40m, un poids de 25 tonnes et une motorisation de 2x400cv qui lui permettent d’atteindre une vitesse de 20 nœuds pour 30 heures d’autonomie.

Les lieux touristiques particuliers

Le site du départ de l’épreuve de 24km est le PORT RACINE, ce port est réputé pour être le plus petit port de France.

Il porte le nom d’un des derniers corsaires qui sévissaient sous Napoléon, le capitaine François-Médard Racine (1774-1817).

Au début de l’année 1813, il choisit cet endroit comme refuge stratégique. Il construisit une jetée pour se protéger du mauvais temps et éviter de se faire repérer par les navires ennemis. De là, il pouvait rapidement lancer sa goélette l’ “Embuscade” sur les navires doublant le cap de la Hague, Cap Cotentin ou faisant du trafic avec les îles anglo-normandes. Après la disparition de notre héros, la jetée en pierre sèche de Port Racine, longtemps entretenue par les pêcheurs, se disloqua et après plusieurs pétitions, les pêcheurs de port Racine obtinrent un port en dur construit entre 1870 et 1886.

Le château de Vauville et son jardin. Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1992 et classé « jardin remarquable » en 2004, le jardin botanique du château de Vauville s’étend sur 4ha, et compte plus de 1200 espèces de l’hémisphère austral. Entourant le château de Vauville, joyau de l’architecture du Cotentin, le jardin est une succession de chambres de verdure, à l’ambiance subtropicale tout à fait étonnante et surplombant la mer.

Le Château de Flamanville. La BARJO passe le long de son parc. Il date principalement du XVIIe siècle, mais l’existence d’une vaste propriété seigneuriale est attestée dès le XIVe siècle. Il est entouré d’un parc de plusieurs hectares enrichi de bois, d’étangs, ainsi que d’une magnifique tour octogonale. Son jardin de dahlias, ouvert au public tout au long de l’année, réunit 1150 variétés.

Propriété communale depuis 1986, ce château est également un lieu de vie culturelle proposant des expositions et des spectacles.

Le corps central du château est ouvert au public à l’occasion d’expositions estivales et hivernales, il est  fermé le reste de l’année. Cependant les extérieurs, le parc, le jardin de dahlias et les bois qui entourent le château sont accessibles gratuitement tout au long de l’année.

Le trail, c’est le respect de l’environnement.

Les différents parcours de la Barjo, passent par de multiples sites naturels dont le respect est essentiel pour les préserver. Certain de ces sites sont particuliers à nos terrains de jeux.

Les massifs dunaires de Vauville. La dune de Vauville est située à l’extrémité nord-ouest du département de la Manche. Il s’agit de 800 hectares d’apports sableux accumulés en 10000 ans sur une profondeur atteignant jusqu’à deux kilomètres, avec la présence d’une mare d’un kilomètre, paradis pour des escadrilles d’oiseaux.

La présence d’une tourbière à Vauville résulte d’une succession d’aménagements réalisés sur le ruisseau de la Grande Vallée dès le XIIème siècle. En amont d’un canal de dérivation permettant l’alimentation d’un moulin dans le village, une succession de digues ont été crées, formant un système de paliers favorable à la stagnation des eaux et donc au développement d’un milieu tourbeux. Sans ces aménagements freinant l’écoulement des eaux et modifiant le cours du ruisseau, la tourbière n’aurait jamais existé.

Aujourd’hui, la mare formée, d’origine partiellement artificielle, est classée en réserve naturelle nationale, depuis 1976. Le Conservatoire du littoral en possède près des 3/4, le reste appartenant à la commune de Vauville et à un propriétaire privé. L’utilisation militaire d’une partie du secteur des dunes a assuré une protection assez efficace.

La grenouille verte et la rainette arboricole vont utiliser la mare pour s’y reproduire. La grenouille rousse va se réfugier dans la vase pour y hiberner.

Le site présente une grande diversité en amphibiens puisque les 15 espèces de Basse Normandie y sont représentées. Ces espèces font toutes l’objet d’une protection nationale avec le Triton crêté, le Crapaud accoucheur, la Grenouille agile, le Crapaud  calamite et la Rainette arboricole.

Le groupe Ornithologique Normand y fait régulièrement des inventaires d’oiseaux. Y sont observées des espèces sédentaires, telle la foulque macroule, sorte de grosse poule d’eau à bec blanc ; des hivernants, de passage ou à demeure comme la bécassine des marais ou le fuligule morillon ; des estivants : le busard des roseaux, grand rapace brun à bonnet jaune. Deux espèce viennent d’Afrique spécialement pour ce reproduire à Vauville : la rousserolle effarvatte et le phragmite des joncs, petit oiseau discret discernable par son chant.

Le roseau, la massette à feuilles étroites, la marisque, le scirpe des lacs et la laîche paniculée sont les plantes caractéristiques de la roselière longeant la mare.

Patrimoine géologique

La Hague est un endroit exceptionnel comme on en trouve peu à travers le monde : elle porte les traces de trois chaînes de montagne, celle du volcanisme, celle des glaciations… et laisse apparaître encore de nombreuses autres marques du patrimoine de l’histoire de la terre avec ces 4,6 milliards d’années. De nombreux visiteurs viennent de loin pour découvrir le patrimoine géologique unique de la Hague et remonter le temps.

Un des points le plus remarquables est sans aucun doute « l’anse du Culeron » (Baie d’Ecalgrain) où se trouvent des gneiss : il s’agit de roches métamorphiques âgées de 2,085 milliards d’années, qui sont parmi les plus vieilles d’Europe.

A proximité de la dernière difficultés de toutes les épreuves : Les Pierres Pouquelées de Vauville

Ce monument mégalithique était une sépulture collective érigée durant la civilisation néolithique, il y a 4 500 ans environ. On ne connait pas le critère réunissant les individus qui furent inhumés là (communauté villageoise, même membres d’une famille ou d’un clan); toutefois, comme en d’autres cas et sans qu’il soit possible de le définir avec précision, des critères de sélection semblent avoir été appliqués : filiation, rang social, fonction…

Le monument a fait l’objet de recherches archéologiques partielles conduites par les premiers membres de le Société Académique de Cherbourg en 1755. Ce furent les premières investigations menées en Basse-Normandie sur un site préhistorique. Au début du XIXème siècle, vers 1830, les habitants avaient entrepris de récupérer les pierres afin de construire un pont. Prévenus de ces faits, le sous-préfet de l’époque ordonna la remise en place des dalles. Les blocs seront alors remis sur le site à quelques mètres de l’allée et pour prohiber tout nouvel acte de vandalisme, l’édifice sera classé comme monument historique dès 1854.